Aller au contenu principal
x
Certains abus peuvent être nocifs pour la santé sauf l'excès de crème solaire.

Santé : au soleil, on ne veut pas faire tache !

Article du 22/06/2020, paru dans le journal La Provence, par Florence Cottin

Elles colonisent le visage, le décolleté ou encore le dos des mains et les avant-bras. Quelles sont ces taches marron souvent disgracieuses qui arrivent après une exposition au soleil, avec l'âge ou au moment de la grossesse ? Faut-ils'en inquiéter ?

Lentigo : ô vieillesse ennemie !

Les lentigos, communément appelés taches de vieillesse, sont ces petites taches brunes qui sont liées au vieillissement de la peau accéléré par une exposition solaire chronique. Elles apparaissent en général sur les zones photoexposées et sont relativement bien limitées. De couleur beige clair, elles se développent de plus en plus au fur et à mesure de la vie et touchent surtout les peaux de phototype inférieur ou égal à 3, c'est-à-dire des peaux claires.
Ces marques brunes correspondent à une mauvaise répartition de la mélanine qui est fabriquée par les mélanocytes pour protéger la peau contre les rayonnements UV. Cette mélanine est distribuée de façon homogène sur tout type de peau, mais sur peau claire, l'exposition solaire chronique entraîne une répartition inhomogène sur les zones trop exposées parce que les cellules n'arrivent plus à combattre correctement les méfaits liés au rayonnement. Alors, au lieu de bronzer, un amas de mélanine reste au niveau de l'épiderme et ne disparaît pas. Elles se manifestent à partir de trente ans.
La méthode la plus courante pour éviter la propagation des lentigos est la photoprotection. Car, si on ne se protège pas, elles se développent au fur et à mesure des expositions au soleil. Une crème solaire d'indice 50 appliquée quotidiennement est fortement conseillée en préventif, pour éviter leur apparition. Il est possible de traiter ces taches et de faire disparaître les lentigos solaires par laser pigmentaire. La longueur d'onde cible la mélanine et fait disparaître ces taches qui sont très superficielles. Cette technique donne de très bons résultats en une à trois séances. Si le laser est très efficace, il faut compter 6 à 8 semaines entre chaque rendez-vous, sachant que la période idéale est de l'automne à la fin de l'hiver au moment où la peau est complètement débronzée.

Mélasma : bas les masques !

Le mélasma, appelé à tort masque de grossesse, est lié à un désordre hormonal pendant la grossesse ou pas. Ces marques brunâtres situées sur le front, autour des lèvres et sur le contour des yeux se développent à partir de 25 ans et sont l'apanage des peaux un peu plus mates avec une prédisposition génétique. L'histoire naturelle du mélasma se déroule en deux temps : il régresse en hiver et s'accentue en été. Mais, d'année en année, il s'étend et se pigmente davantage. Si les UV ne pardonnent pas, la lumière bleue naturelle (et non pas celle des ordinateurs, Ndlr) est majoritairement responsable de cette hyperpigmentation. Elle peut même aggraver ce désordre.
La solution : s'en prémunir avec une photoprotection mais pas n'importe laquelle. Il faut une crème solaire à spectre large et s'en badigeonner été comme hiver. Sans oublier d'en remettre une bonne dose lors des expositions au soleil. Chez les personnes développant un mélasma, la discipline est de mise car, ce sont des sujets qui ne prennent pas forcément de coup de soleil. Mais les rayons UV ne vont faire qu'aggraver une situation, certes bénigne, mais affichante et très mal vécue par les patients. Côté traitement, il existe aussi des dépigmentants topiques (crèmes) ou des préparations pharmaceutiques dépigmentantes qui sont délivrés uniquement sur prescription médicale.
En revanche, il est inutile de frotter au risque de provoquer une hyperpigmentation de frottement. De même, les gommages à répétition sont à éviter, ils majorent le mélasma.

Pigmentation post-inflammatoire : le point noir

La pigmentation post-inflammatoire est "ultra" fréquente, le plus souvent sur des peaux brunes ou qui bronzent facilement. Ces taches sont la conséquence d'inflammations séquellaires comme un bouton d'acné, de moustique, ou autres dermatoses... Premier conseil : un bouton ne doit pas être exposé au soleil car le processus de cicatrisation va produire un pigment brun sur la zone lésée, donc une aggravation des marques. Si la photo protection est recommandée, il faut aussi éviter de manipuler tout bouton (sur le visage). Les peelings doux peuvent atténuer la pigmentation. En appliquant de l‘acide glycolique, on note une amélioration. Attention, toute application d'acide de fruits sans photoprotection associée peut entraîner une réaction inflammatoire qui majorera la pigmentation. Restez très prudent.
On ne le répétera jamais assez, pour éviter que le soleil nous fasse la peau, on se protège sans limite. Certains abus peuvent être nocifs pour la santé, sauf l'excès de crème solaire.